Carnet de voyage – Turquie

Pour photographier des bateaux il faut savoir attendre le moment ou le bateau est au bon endroit, prêt, l’équipage sur le pont et la météo propice !
Un vendredi soir du printemps dernier, je reçois un appel d’alenyacht en Turquie me demandant si je suis libre le lendemain ou le surlendemain pour photographier leur nouveau « Tender » de 42’ tout juste mis à l’eau.
Le temps de préparer le matériel (Canon et moyen format Sinar) de sauter dans un avion et je me retrouve dans un taxi à Istanbul, au-dessus du Bosphore, à admirer la pleine lune, depuis le pont le plus Sud, quel spectacle ! Cet endroit est vraiment magique. J’aime Istanbul et sa duplicité… Me voici donc arrivé à l’hôtel à 2 heures du matin avec rendez-vous le lendemain à 8 heures…
Le chantier d’alenyacht est situé sur la rive orientale, près de Tuzla. Le bateau déjà à l’eau semble ne pas se préoccuper de ma présence, ni de celle d’Anna-Carolina, mannequin, brune, évidemment jolie. Je profite du retard du bateau pour l’envoyer acheter une robe blanche plus appropriée tandis que nous faisons connaissance le skipper Merion Martin et moi. Alp Ozcan le directeur d’alenyacht est inquiet de voir le temps passer, je le rassure, avec les 16 personnes travaillant sur le pont, dans la cabine et dans la salle des machines, le bateau sera prêt à temps pour réaliser le reportage.
Vers 14 heures nous pouvons enfin partir vers l’île Sedefadasi à 6 miles dans l’Est. Nous commençons par des images réalisées à bord, le temps étant trop court pour faire des prises de vues depuis un autre bateau car nous avons un vol prévu en hélicoptère vers 17 heures. Nous les réaliserons plus tard, au coucher de soleil, vers le Bosphore, cartes postales assurées !
Le bonheur. Nous voilà à près de 40 nœuds sur l’eau bleue, les deux Yanmar ne font pas l’économie de leurs 880 chevaux ! De l’arrière à l’avant je demande à Anna-Carolina de changer de pose et à Merion de garder une route sans trop d’à-coup. Le bateau lui obéit remarquablement et passe dans la mer sans taper, grandes courbes stables avec alternance de virages serrés pour « attraper » le sillage en arrière-plan, Anna-Carolina ne perd jamais l’équilibre (c’est la première fois qu’elle monte à bord d’un bateau !). Je me surprends, debout sur la plage avant en teck, sans harnais, à cadrer grand-angle bateau et équipage. Furieux contre mon excès de confiance, je « reviens » à bord. A peine le temps de « shooter » quelques dizaines d’images et me voilà dans les embouteillages légendaires d’Istanbul en route vers l’héliport.
Survol du sud-est de la ville puis cap vers le bateau, facile à reconnaître à cette époque de l’année, il y a peu de yachts sur l’eau et beaucoup de cargos !
Soudain le voilà, avec sa ligne superbe et son sillage net, filant le long de l’île. J’avais donné un « brief » simple à l’équipage : soyez naturels, profitez de la vie à bord de votre nouveau et joli jouet luxueux… Ils n’ont vraiment eu aucune difficulté à jouer leur rôle